Margaux

Margaux, ma Margaux,

Tout d’abord, je dois te présenter des excuses. Oui ! Parce que j’ai mis trop de temps à t’écrire. Ce n’est pas que je t’aime moins, c’est que j’avais besoin d’avoir l’esprit libre et les derniers mois ont été intenses pour moi, j’ai l’impression d’abandonner tout le monde avec mon emploi du temps surchargé et mon stress permanent qui m’empêche d’être là pour vous. Heureusement, tu ne vois pas tout ça, tu es juste une petite fille toute douce qui se contente de grandir lentement.

Il me faut être à la hauteur de tout l’amour que tu m’offres au quotidien du haut de tes huit mois.

Tu ris beaucoup, souvent, un vrai petit soleil. Quand on se penche le matin sur ton lit, tu nous accueilles avec un grand sourire, un sourire franc, forcément sincère puisque pas encore corrompu par la rudesse de la vie. Un sourire qui fait du bien, qui redonne du sens. Tu pulvérises mes angoisses, mes doutes, rien à d’importance si ce n’est nous deux à ce moment là, moi, blottis dans ton sourire, aspiré par tes regards intenses et toi, qui agites tes petits bras énergiquement pour me faire comprendre que tu veux que je te porte. Quand alors, je prends ton petit corps chaud pour le serrer contre moi et que ta petite tête se tend pour attraper mon visage, mon cœur de serre et un profond sentiment d’universalité m’enrobe.

Vous êtes, toi et ton frère, ce qui m’est arrivé de plus important dans la vie. Il peut être angoissant, cet amour car il est accompagné d’une peur viscérale qu’il vous arrive quelque chose, on en devient complètement paranoïaques, sur-protecteurs, mais, c’est aussi un amour tellement immense, abyssal, infaillible, inaltérable… qu’on peut bien tout supporter, même la peur.

J’ai la chance d’assister à ça, à cette évolution de deux petits êtres humains que rien n’a encore souillé. Je vous observe dans votre naïveté mignonne, à vous rire dessus. Tu regardes ton frère avec des grands yeux ronds plein d’admiration ou d’adulation, on ne sait pas trop, mais il semble déjà être ton petit héros. Tu as bien raison car il adorable avec toi.

Ce matin, tu t’es traînée jusqu’à moi, dans un quatre pattes maladroit, tu as grimpé sur mon mollet jusqu’à être à genou et tu m’as fait un sourire tout doux. Je t’ai prise par dessous les bras et je t’ai serré très fort contre moi avant que tu ne m’attrapes la barbe pour la tirer violemment. On va pas se mentir Margaux, ça fait super mal !

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