Insultotherapie

– Sombre petite merde, t’es fier de toi avec ta tronche de petit Nicolas assis au premier rang des immondices ? J’voudrais t’énumérer toutes les raisons qui font que je te méprise au plus haut point mais je vais commencer par tes petites lâchetés ordinaires, comme quand tu te dépêches d’entrer dans les transports en gênant ceux qui descendent pour avoir ta putain de place assise. Ah, tu t’en occupes bien de ton cul pour lui donner un maximum de moelleux. Qu’importe s’il y a une personne âgée, dans le plâtre, enceinte ou je ne sais quoi d’autres qui justifierait qu’elle soit assise et toi debout. Tu prendras bien soin de retourner la tête pour faire comme si tu l’avais pas vue en espérant qu’elle ne t’implorera pas du regard de lui céder ta place si sournoisement gagnée. T’arrives à te regarder dans un miroir sans avoir honte ? Comme quand tu ignores un mendiant en lui jurant tous les saints que t’as pas de pièces avec ton air désolé. Le gars est pas con, il passe sa journée à se prendre des taules, c’est son affaire à lui, la mendicité. Pour 100 crampes, il se prendra deux ou trois euros, mis bout à bout dans sa journée, il aura peut-être de quoi s’acheter à manger, un lit, à boire au pire, tant pis s’il se saoule la gueule, faut bien qu’il se vide la tête du moment qu’il est pas violent. Bien sûr que tu peux pas donner à tout le monde mais un bonjour et un sourire, c’est déjà le minimum de respect que tu lui dois au gars, il a autant besoin d’argent que de se sentir humain lui. Tu veux pas donner ? Tu dis non et bonne journée et peut-être qu’un autre aura tes faveurs un jour de bonne humeur, dans ta grande mansuétude, tu lâcheras ta petite pièce et tu marcheras la tête haute persuadé d’être un mec bien. En attendant rien ne t’empêches d’être honnête, il le sait que t’as des pièces. T’es lâche comme si t’avais peur que ta petite vie soit bousculée dans sa monotonie, tu te plains qu’elle soit chiante mais dès que y’a un point virgule, tu sais plus quoi écrire après. T’es du genre à te garer en double file alors qu’il y a une place vide à côté mais t’as la flemme de faire un créneau et aussi parce que t’es un connard de première. Dommage que la connerie soit pas une maladie, tu serais déjà six pieds sous-terre mais t’es tellement con que même la sélection naturelle veut pas de toi. T’es le genre de mec méprisable qui passe au feu orange avec ta voiture de branleur et qui se retrouve coincé sur le passage piéton à faire chier tout le monde. Ta voiture est à l’image de ta bêtise, une grosse caisse que tu crois être le prolongement de ta bite. T’es lâche comme quand tu regardes cette fille se faire emmerder dans la rue ou dans les transports et que tu attends de voir si un autre va intervenir, trop tard, t’arrives à ta station, en attendant, elle, elle continue d’avoir les jambes tremblantes et la gorge serrée. Tu t’es pas dit qu’il fallait chercher son regard pour voir s’il était dans le besoin ? Non, t’as attendu et t’as rien fait. Tu me fous les boules avec ton envie d’être mieux servi que par toi-même, ton besoin maladif d’être premier partout, une orgie de lâcheté pour ton confort ordinaire, comme quand tu essaies de gratter des places dans une file d’attente, ta façon de te jeter sur les petits fours dans un cocktail comme si t’avais pas bouffé depuis 6 mois, comme quand tu craches sur tes collègues pour te faire bien voir de ta hiérarchie, un vrai menhir de dégueulasserie. T’es là, figé comme un con à me laisse t’insulter et ta seule réaction c’est cet air débile de papillon devant un lampion, on dirait que tu prends plaisir à te faire traiter comme une merde. On dirait que tu t’es découvert, que t’as trouvé un sens à ta vie  » alleluia, je suis une raclure libérée !  » Mon pauvre, la seule fois où t’as eu du courage c’est quand t’as penché ta tête pour embrasser ta meuf la première fois, alors que si on creuse un peu on comprendra qu’elle s’est laissé faire parce que ton côté teubé ça lui a plu. Je suis étonné que tes parents t’aient pas renié, un fils aussi flasque et péteux, moi, je le déshérite. T’es du genre à balancer tes voisins au flics, à vouloir que chacun paye ce qu’il a consommé au restaurant, du genre à être chiant quoi, à te plaindre des gens qui profite du système mais là, t’hésite à bien en profiter aussi hein ma gueule ? Sauf que toi, t’es persuadé d’être dans ton bon droit hein mon con ? T’es français de souche alors tu te crois prioritaire sur la misère et le social ? T’es juste bon à lécher le cul de tout ce qui te peut t’apporter quelque chose sans rien donner en échange. Je déteste les vauriens comme toi, je les toise et les illumine de mon mépris magnifique. Voila ! 
– WoW… Ah ouai… cool… mais Merci, pfiouuu ça fait du bien wouaou. J’adore. Je vous dois combien ?
– 60 euros 
– Ah ouai quand même 
– Ah bah faut ce qui faut hein 
– Non mais ça va, ça les vaut. Encore merci, vraiment ! Je voudrais un autre rendez-vous.
– Ok le 15 à 14h30 j’ai une place.
– Ah c’est moi qui peux pas j’ai une séance d’hydroyoga avec mon chat.
– Ah alors le 17 alors ? A midi ?
– Parfait ! Bonne journée et à bientôt docteur. Je languis hihi !

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