Lost in conviction

Dissident de ma propre existence, je décline l’invitation de mes convictions de venir se battre sur le terrain des idées.Déserteur du champ politique, j’ai jeté mes armes et maintenant j’erre dans l’immensité des désespérés. 

Mutin sur la galère en papier que des journalistes trop dociles ont précipité dans l’océan déchaîné de la complaisance et de la fausse impertinence. 

Je suis comme ces anciens militaires, revenus de Verdun, la tête farcie de bombardement, qui ont perdu la raison. J’ai été bombardé d’infos, d’intox, de discours ampoulés, de promesses non tenues, de petites phrases assassines, de sourires narquois, d’exergues meprisantes, de mensonges, de complots, de suppositions de complot, de notre insignifiance, de nos rages extirpées et de ne pas être entendu.

Je n’y crois plus, je ne cherche pas de Messie, pas de mentor, encore moins de leader. Je n’y crois plus car je sais que le pouvoir corrompt n’importe quelle ambition, n’importe quelle conviction, que des âmes cupides grossissent les rangs des partis et qu’elles exposent au grand jour leur soif de rentrer dans le clan des dominants. 

Aujourd’hui, les états se battent pour rester amis avec des multinationales et nous on se bat pour avoir une vie pas trop dégueulasse malgré les nombreuses barrières qu’on pose chaque jour un plus sur nos parcours. 

J’ai voulu, être un citoyen modèle payant mes impôts sans broncher, cherchant des excuses aux gouvernements sur leurs erreurs, prétextant la difficulté de la tâche à accomplir, les enjeux économique, diplomatiques… Je me berçais d’illusion, je ne suis qu’une molécule dans l’univers noir et froid de l’économie mondiale. L’économie, on nous en parle tellement qu’on en oublie la notion de vie. Que sont nos vies ? Que deviennent elles quand elles ne sont pas un chiffre sur un histogramme ? Je me pose la question de notre temps d’existence, de ce à quoi je dois occuper ma vie pour qu’elle ait de la gueule. Je suis invariablement reconduit aux portes de l’economie, grouillante, étendue comme une toile visqueuse dans laquelle nous sommes empêtrés. 

“There is no alternative”, la soumission commence là, quand on se dit qu’effectivement on n’a pas le choix, que si on refuse les règles du jeu il ne nous reste plus qu’à partir bouffer des racines en forêt et se faire oublier du monde. J’aime bien la forêt mais j’aime encore plus marcher pieds nus sur du parquet. J’ai la chance d’habiter en France et de faire partie d’une classe moyenne qui vit plutôt correctement, mais ce sentiment d’impuissance démocratique me plombe. Alors, je continue de jouir des petits plaisirs que mon statut de riche occidental permet et je continue de m’indigner sur mon canapé en pleurant les malheurs des autres. Je voudrais tant leur être utile. Mais aujourd’hui, la violence des marchés influence celle de la rue. On vit dans une société à cran, agressive, méfiante et repliée en petites communautés qui se barricadent. Jamais le monde n’a été aussi ouvert et pourtant les barrières sont de plus en plus nombreuses. Que faire contre ça ? J’ai trop de questions qui resteront probablement sans réponses. 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s