Confession d’un con

Je suis con ! Ce n’est pas un jugement, mais un constat.

Je suis con et ce n’est pas facile de vivre avec ça. Je ne peux plus me mentir. Il y a bien trop longtemps que je feins de l’ignorer, que je joue le mec bien dans ses pompes, à l’aise en société, mais il y a, dans mon for intérieur, cette vérité mal enfouie qui tente tant bien que mal de se contenir mais qui n’y arrive pas : je suis con.

Un con comme il y en a beaucoup. Parfois, on croise d’autres cons et on se demande qui est le plus con des deux. On conclue toujours sur le fait que l’autre est bien plus con que nous. Faut vraiment être con pour pas avoir assez de recul et de dérision sur soi, mais comme je suis con…

Nous, les cons, sommes constamment jugés par les gens ; partout, dans la rue, au restaurant, en entreprise, dans les transports… Le con que je suis est observé, toisé, parfois avec pitié, souvent avec dégoût. Jugé, comme un animal de foire, une étrangeté ne faisant plus partie de votre race, un homo sapiens non évolué, resté au stade du sauvage, une bête mi-humaine, mi-légume aux neurones défaillants.

Il m’arrive parfois d’être attablé avec des amis (plus ou moins cons), et je peux lire dans les yeux des gens assis autour qu’ils se demandent comment on peut être aussi con. Et puis, en voyant les cons qui m’accompagnent, ils doivent en conclure que je mérite d’être con vu que je ne fais aucun effort. Sachez que ces regards me blessent, car, je me réveille chaque matin avec le poids de ma connerie sur les épaules, dès que je me retrouve devant mon miroir, ça me pète à la tronche comme une évidence que je ne peux plus nier à cause de ma gueule de con qui n’en finit plus de l’être. Je suis con et ça ne s’arrange pas.

Vous devez vous demander s’il n’est pas trop difficile de vivre dans cette condition de con, si notre carcasse n’est pas trop dure à porter avec un cerveau si chargé de bêtise. Si vous vous rendez bien compte de la douleur que c’est, pour moi, de réfléchir, d’avoir un raisonnement logique ou posé, ou du moins qui vous sied, puisque si je pense différemment, je vais encore passer pour un con ? Même si je fais des efforts, ce n’est pas assez. Je garderai toujours l’étiquette du con que vous m’avez collé dès ma première ineptie sans jamais chercher à savoir si je pouvais être potentiellement déconnable. J’ai tout essayé, vous savez… les livres, le sport, une alimentation riche en phosphore, des pilules même, mais rien y fait, au bout d’un certain temps, je reprends toute ma sottise.

Il parait que c’est une question de volonté. Peut-être que finalement, je me sens bien dans ma peau de con. Après tout, pourquoi je changerais ? C’est pour rentrer dans les cases d’une société qui n’accepte pas la différence ? Je n’ai plus envie de m’excuser, de me honnir jusqu’à me faire du mal parce que je ne suis pas dans la norme. Au fil du temps, j’ai trouvé d’autres cons avec qui je partage ma souffrance. Cette souffrance, qui s’est transformé en force, une cohésion du con, la communauté du con est plus que jamais soudée. Depuis, je me sens enfin à ma place dans ce monde car le con y est légion.

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3 réflexions sur “Confession d’un con

  1. J’ai pas payé ma cotisation mais je suis membre de la communauté depuis très longtemps. En être conscient c’est déjà une forme de supra connerie, qui nous place au dessus des non cons. Des Illuminaticons en quelque sorte.

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