Lames de fond

(J’héberge ce texte écrit par mon ami @Duanyer qui livre, ici, un échantillon brut et sincère de sa poésie à l’image de sa personnalité. Merci à lui)

À l’horizon des songes attardés.

Amorties par les dunes, grondent en sourdine, au loin.

Bousculantes, écumantes,

Des vagues arrachées au tumulte paisible.

Vagues,

Reflux du refus,

Vagues s’échouant, desséchant les âmes,

Lames de fond, traîtresses inflexibles,

Lames.

Coupantes, cassantes, à l’invisible étreinte,

Et pourtant.

Combattant du sommeil au bouclier fragile,

Fixant ce pâle soleil me servant de guide,

Âpres apprêts, nu et désarmé.

Lames.

Coupantes, cassantes, à l’invisible étreinte,

Et pourtant.

Laboureur misérable des sillons nocturnes,

Au soc trop usé, rongé, meurtri,

Âpres outils, guenilles de métal,

Lames.

Coupantes, cassantes, à l’invisible étreinte,

Et pourtant.

Forgeron famélique de l’obscurité,

Au marteau si lourd, trop souvent soulevé,

Frappant l’humide enclume sous des larmes de braise,

Lames.

Coupantes, cassantes, à l’invisible étreinte,

Et pourtant.

Lames,

Je suis toujours debout.

 

(Tempête en mer, par William Turner – Huile sur toile, 91 x 122 cm, 1842, Tate Gallery, Londres, Angleterre)

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