Train de vie

Un matin d’hiver, le même décor qu’hier.
Des ponts métalliques surplombent de vieux murs tagués, noircis par la pollution ambiante sur lesquels une nature sauvage et envahissante s’accroche péniblement.
Ma nonchalance se perd dans les lignes de chemins de fer rouillées qui s’entrecroisent en illusion d’optique dansante sous mon regard mélancolique qui se mélange aux nuages.
Au loin, les barres de logements peintes du délabrement des années, sont parées de quelques tâches de couleur que le linge, étendu ici et là, voudrait égayer, en vain.
Enfermé dans mes écouteurs, j’observe la monotonie du vide. Vide d’humanité, que ce décor pourtant chargé, n’arrive pas à remplir.

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L’asservissement volontaire

– « J’entends bien ta requête, je note tout ça. »

Il se mit effectivement à griffonner quelque phrases sur son carnet luxueusement relié sur lequel, on pouvait voir dans l’épaisseur des feuilles, une légère dorure, de ces cahiers haut de gamme totalement ringards.

Il se leva et se dirigea vers la grande baie vitrée qui lui tournait le dos. Quelques étages plus bas, la ville s’étalait dans un amoncèlement de toits en zinc et de murs en pierre blanche. Une grande avenue se perdait dans son point de fuite, il devait certainement en parcourir la longueur à voir son mouvement de tête, avant de prendre une profonde inspiration et de se retourner lentement.

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Assis

Un long boulevard haussmannien s’étire devant moi, rectiligne et froid, façades copiées collées qui se perdent dans la perspective d’un horizon bétonné.

Assis au milieu d’un vieux banc en bois, je stabilise mon corps entre les deux gros sacs qui m’accompagnent, histoire de me mettre à l’aise dans mon fauteuil improvisé, frissonnant de désespoir, spectateur de cette ville qui ne veut plus de moi.

Mon regard alunit dans les vapeurs automnales et au loin, les réverbères dessinent en pointillé un long couloir d’errance.

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