L’âme erre

Un vent irascible se fracasse à la surface de l’eau et vient pousser les vagues contre les rochers impassibles. Les embruns inquiétants qui en résulte, viennent salir la peau des pêcheurs sur la digue.

Le soleil au zénith joue à faire disparaître mon ombre pendant que je reste assis à même le sol, filtrant le sable dans mes doigts.

Mes yeux et mon nez se trouvent une certaine solidarité dans la contemplation de ce paysage de bout du monde. L’iode embaume jusqu’à mon cœur, qui semble se nettoyer de ses douleurs à chaque fois que la mer se couche sur la plage.

J’ai les idées en contre-jour, noirci par le stress que l’on subit et qui les a alanguit, les rendant aussi ennuyeuses que des ombres immobiles.

Je me laisse emporter par ce chant maritime, par la vision de cette masse infinie d’eau salée, les molécules de mon corps semblent s’unir à toutes les choses alentour. L’infiniment petit de moi, faisant des révérences à ce grand tout, comme si je retrouvais l’origine des choses.

Je me prélasse en laissant disparaître mes orteils dans le sable, et soudainement, j’ai des envies de mots, de rhétorique, de me complaire dans les lettres, et de les laisser dériver au large, vers des horizons verbaux, là où l’écume a le goût de l’égo. Me faire plaisir en tapant frénétiquement sur un clavier, déversant des sentiments dans l’emphase, ne penser à rien, ou plutôt, penser à tout, à toutes les choses qu’on oublie le reste du temps, aux promesses sabordées, aux jours à venir, des mots, encore des mots envahissants, ruisselants, débordants, jusqu’à faire chavirer la sérénité dans laquelle j’avais réussi à m’installer.

Mais la chaleur furieuse s’agite sur mon épiderme, et déjà ma tête a du mal à supporter le poids des degrés et le rayonnement agressif du soleil tout là haut. Peut-être qu’un coucher de soleil me replongera dans cet état de béatitude, il en faudra surement plusieurs, car mes neurones sont encore à l’heure parisienne et je n’arrive pas à me décrisper.

Je me lève avec difficulté, nettoie, tant bien que mal, ma peau du sable qui s’est incrusté pernicieusement.

L’écho des vagues me rappelle avec insistance, je tiens bon, je n’y retourne pas.

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