L’envol du pigeon

La nuit, les routes se dévoilent sous les phares des voitures, des pointillés blancs avalés comme on rembobine son destin, des portions de vie à contempler des paysages obscurs où on peut observer parfois au lointain, les étoiles des villes déchirant l’horizon.
Je suis assis à l’arrière d’une vieille Renault 21 avec deux mecs que je connais à peine, j’ai 1800 francs en poche, de l’adrénaline plein les veines, et mon regard perdu dans une noirceur dont je ne sais plus très bien si elle relève du coeur ou de l’obscurité.
Replié sur moi-même, saisi par le froid glacial de janvier, je ne pose aucune question.
On pénètre dans les faubourgs de Nîmes, avant de s’arrêter à l’orée d’une cité HLM.
Le moteur tourne encore, j’ai la peur au ventre mais je ne montre rien, j’attends.

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Le fort intérieur

Les murs sont verts pâles et gris, une bande verte déchire le sol en linoléum gris lui aussi.

C’est austère, triste et je ne me console pas à la vue des dalles du faux plafond, recouvertes d’insondables tâches ici et là.

C’est glauque à n’en plus finir ! Je me demande ce qui fait que les cabinets médicaux sont si moches. Est ce qu’il y a, un jour, un mec qui a décidé d’une charte « déco intérieur de cabinet médical » ? Un mec avec des goûts de merde faisant autorité dans le milieu des décorateurs d’intérieur de lieux chiants ? En plus, il fait chaud et les néons m’emmerdent. Tout ça est accentué par les posters usés au graphisme ostentatoire, didactique, improbable, tenant fébrilement sur les murs grâce à du scotch jauni par le temps.

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