Ô corps

Au corps, je voue un culte, du fanatisme à l’état brut, je ressens tant de haine à son égard que ça ne peut être que de l’amour mal nait.
Je ne sais pas d’où ça vient, ni quand ça a commencé, de toute manière je m’en fous, le constat est là, je ne m’aime pas.

Je palpe sans arrêt cette hanche et ce ventre comme pour les scanner, me rappeler qu’il sont bien là, que mon corps est comme il est, m’en faire une projection mentale, l’acceptation par le toucher, comme si mes bras étaient ceux d’un étranger, un étranger qui me jugerait, me pinçant pour constater l’étendu des dégâts, sentir cette peau molle se plisser sous mes doigts, en ressentir de la honte, de la bizarrerie. Je me sens bête de foire, spectateur et monstre à la fois. Les pincements se transforment en poing rageur parfois, des coups que je me porte, punition idiote ou espoir d’écraser l’indicible, de la faire fuir cette graisse abhorrée, me frapper jusqu’à en serrer les dents, mon cerveau se fixe, amorphe, en veille, il en oublie le sens du raisonnable.

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Primus Tempus

 Ressentir ce penchant qu’a la terre pour la danse du soleil,

Mon cœur au zénith rencontre enfin mon esprit, doux équinoxe de ces sentiments trop longtemps enfouis. Le renouveau de la nature, même à l’intérieur de soi. Fertile floraison de mon être, fécondant des envies de sourires, évoluer dans les brises encore fraîche d’un hiver mourant, ne pas en porter le deuil, se réjouir sur son lit de mort plutôt.

Assise à une terrasse de café, mes névroses lentement se dissipent dans un ciel céruléen et le soleil sur ma joue droite me susurre des poèmes épidermiques.

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Ma vie de livre

Au premier jour, il y avait le verbe, et ce verbe qui a été la première cellule de mon être, je le dois à celui qui m’a écrit, celui qui m’a fait naître de son cerveau, mon auteur. Donc finalement, je suis un peu humain quelque part, non ?

Toute naissance commençant forcément par une relation sexuelle, mon père a dû coucher plusieurs fois sur des lits de papier avant que son imagination féconde ma petite histoire. Il a usé de son stylo, il a ouvert délicatement les deux bords d’un cahier, pour y déverser son encre reproductrice sur les pages vierges ouvertes à toutes les folies. Ah le petit coquin !

Je n’étais qu’au stade de protozoaire, mais je promettais déjà beaucoup.

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