Blasphème

Du dégoût des autres nait une certaine lassitude. La connerie consentie. Ni plus ni moins qu’un arrangement entre la bonne conscience et l’instinct de survie.

Je ne crois pas que la solidarité soit dans les gènes. Alors, j’observe le monde et je m’observe moi. Je réfléchis à toutes ces informations qu’on ingurgite, je pense à ces milliards d’individualités et soudain j’ai le vertige.

Je me demande comment je dois les voir… ces humains.

Les rêves et les ambitions de cette humanité qui tente avant tout de survivre, d’être heureuse me semblent justifié. Pourtant parfois, je la regarde de plus loin, et je trouve qu’elle ressemble à un virus… le cancer de cette planète… à se multiplier sans cesse, à éreinter la terre de ses ressources vitales. Je trouve l’humain banal, comme la violence dans laquelle il se complet. Quand il s’agit d’être cupide, l’Homme a du génie.

Et puis tout d’un coup, il suffit d’une personne, d’un regard, d’un geste, d’un rien et je me remets à l’aimer, cet être frêle, confiné dans sa matière, prisonnier de la gravité, soumis à ses sens et à ses envies. Il est si faible qu’une simple idée peut le tuer.

C’est peine perdue que d’essayer de le comprendre.

L’Homme est cette créature qui vit dans un monde où des rues sombres abritent des destins perdus, alors que d’autres sont ornées d’enseignes lumineuses, les mêmes aux quatre coins du globe. Je me demande quel intérêt on peut trouver à se presser dans les grandes artères commerciales, je me demande l’intérêt des Champs-Elysées. Je pense à ces chaussures à 140 euros et à ces ouvriers payés 35 centimes la journée.

Cette société du non sens où là population mondiale est majoritairement pauvre et où l’industrie du luxe fleurit.
J’ai beau jeu de faire le misanthrope alors que je fais partie du système.
Une manière de le cautionner tout en le détestant. On peut vivre autrement, surement, en acceptant tout ça et en ne se posant pas plus de questions. Juste quelques soubresauts d’altruisme de temps à autre. je ne sais pas…

La peur du vide, constante, sous-jacente, la peur de ne naître de rien, de n’être rien, juste le fruit du hasard. L’Homme s’est créé une origine et l’a appelée Dieu, certains ont préféré chercher l’Homme dans l’Homme dans ce qu’ils ont appelé « philosophie », puis, il s’est inventé un maître sournois qu’il a nommé « argent » et tous désormais courbent l’échine devant lui. L’ironie d’être soumis à sa propre création.

En attendant, il se trouve des raisons de vivre dans l’accomplissement personnel et d’espérer ainsi longer les champs élyséens, ceux qui se trouvent aux confins des mondes, dans l’autre vie, là où repose la vérité… ou pas…

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2 réflexions sur “Blasphème

  1. Par un curieux hasard, je me retrouve assez dans cette vision duale de l’humanité…
    Certaines de ces questions trouvent écho en moi, je n’ai plus de télé, j’en avais assez de regarder ces pubs vantant des biens de consommations à l’utilité réelle plus que douteuse, qui ne t’aideront pas à manger et bouger plus sain.
    Je me suis aussi posée la question d’avoir un enfant dans ce monde, quel est l’interêt de faire naître un petit être dans ce monde, si ce n’est lui infliger une malédiction que de devoir vivre dans un monde ravagé par l’argent, le mépris, les catastrophes.faire ça me semble toujours égoiste…je n’ai pas encore tranché…
    Je hais les galeries commerciales, les hais les gens qui les fréquentent, emplis de vanité et de suffisance, n’ayant pas un regard pour le miséreux qui tend une main sombre en caressant son chien pelé aux abords du magasin…Mais ça ne m’empêche pas de craquer parfois sur un vêtement au tarif imbuvable, mais plus pour m’habiller que pour décorer un dressing encombré…
    Le pire là dedans sont les fêtes de Noel où l’on se donne l’impression que ce n’est qu’une honnête fête de famille et non une course au consumérisme, à qui fera le cadeau le plus tendance, le plus cher et le plus original, et celui qui sert le plus à rien…
    A bien y réfléchir, je me dis que j’aurais du naître moine, ou bonne soeur, que malgré moi je me sens en marge, et je reconnais de moins en moins le monde dans lequel nous vivons, alors pourquoi donner naissance à un mini moi ….

  2. Encore bravo! Et tellement vrai. Le plus dur pour l’homme c’est de prendre ce recul et observer la bêtise humaine et le système qui va avec…nous sommes peu a le faire mais il y en a heureusement!
    Pour répondre a Delphine Pénélope, faire un «mini moi» est la plus belle chose au monde! Oui le monde n’est pas rose, oui c’est peut être égoïste…mettre au monde un enfant m a fait fait revivre, il devient LE but de ta vie, ton souffle!et mon but c’est de l’eveiller aux choses simples de la vie, lui apprendre l’essentiel, les valeurs du coeur, pas celles de l’argent et du matériel, a lui offrir un livre plutôt que le dernier jeu en vogue…et a 3 ans il a déjà pas mal compris. Dis toi justement que LE but c’est transmettre ce goût du vrai, en faire un homme meilleur que les autres et bannir le reste! Si tu as déjà ces craintes, c’est que tu seras une bonne mère…

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