Le nœud de cravate

Des horizons se vident dans les lignes de fuite. Floué par son regard perdu dans ses pensées, un homme se crispe.

L’envie de détester le monde, de ronger ses acrimonies dans une haine sourde.
Du dégoût des humains, lentement il franchit, les portes de l’amer.

Puis non, arrêter de macérer tout ça, vouloir le crier à la mer, du haut d’une falaise, que sa douleur s’évapore dans la bruine de l’océan.

Les gens ne sont que des gens avec leurs névroses et leur destin. Pourquoi serait-il différent ?

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L’évidence perdue

Courir sur des pentes raides à en perdre l’équilibre
L’amour a sa gravité aussi.
Dans l’inertie de mon désir, ma peau n’est plus libre.
La vie a ses contraintes aussi.

Je me suis trouvé des excuses dans des chimères colorées
L’esprit a ses limites aussi
Soumis à ce cœur en fadaise, dans mes viscères abhorrées
Le corps a ses idées aussi.

Glisser des espoirs sur des fossettes invitantes
L’écrit a ses silences aussi
Le khôl coule sur mes envies, douloureuse attente
L’utopie a ses larmes aussi

Du fantasme au fantasque, il n’y a qu’un pas
L’âme a ses craintes aussi
Disparu dans mes frasques, j’ai fait un faux pas
J’ai espéré un amour surtout.

Le temps qui fait

(temps de lecture : 2min 20s)

C’est peut-être parce qu’il est recroquevillé qu’on croit qu’il courbe l’échine.
C’est peut-être ses paupières tombantes qui en cachant son regard malicieux, le déshumanise.
C’est peut-être le bruit de ses pieds qui traînent, sa peau pleine de plis ou son souffle inquiétant qui le rend si agaçant.

Enfin… bref, Il n’arrive pas à s’expliquer toute cette aversion à son égard, ni pourquoi il provoque autant de regards courroucés.

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Les lauriers roses

Je ne me suis pas demandé comment ça arrivait ce genre de chose.
Je ne me suis jamais dit que la vie était faite de personnages éphémères ou d’amis temporaires, mais voilà, c’est un fait, on vit dans l’inconstance, et c’est tant mieux.

Je me dis ça et je pense à ce copain que j’avais eu quand j’étais adolescent.
Je ne me rappelle plus très bien comment je l’ai rencontré, ni à quel moment il a disparu.
Il a traversé ma vie, juste quelques mois, je ne sais plus combien exactement, je ne me souviens que des saisons.
Il y a les gens qu’on oublie et ceux qui te marquent à jamais.
Faut dire, lui, il n’était pas tout à fait comme tous les autres. D’abord, Il était sourd-muet mais plus sourd que muet en fait. Lire la suite « Les lauriers roses »

Dans vos yeux

Je sens sur ma bordure que les lettres gravées qui me dominent se sont écaillées.

Gravées dans le métal, les arabesques boursoufflées, les dorures et les icônes qui m’encadrent, se sont brunies, patinées.

Posé sur un trépied, je me dresse bien droit, avec une vue panoramique sur l’ensemble de la pièce que l’angle dans lequel je suis posé, me permet d’observer.

Au travers des fenêtres qui louchent sur moi, la lumière invasive et crue vient donner plus de sens à mon existence.

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Le chant des murs

On a vidé tous les meubles de l’appartement.
J’ai regardé ma mère qui s’agitait de pièce en pièce et entre deux cartons, je lui ai demandé pourquoi ils enlevaient tout ?
Elle m’a regardé, et toute essoufflée qu’elle était, elle m’a bafouillé : « eh beh ! on déménage chéri, tu ne vois pas que c’est devenu trop petit ici ? ».
Je n’avais que trois ans, et cette phrase soudainement m’emporta dans un torrent de réflexions. »… trop petit… » Lire la suite « Le chant des murs »