A la pointe du jour

Ça s’est fait comme ça… dans des soupirs de pénombre, des chants de chair en souffrance, et le silence d’un aurevoir.

Dernier jour de janvier. Au milieu de la nuit évincée, des peaux s’entredéchirent de se découvrir pour la dernière fois.

Ils se sont devinés des rancœurs.

Enfermée dans leur souffle, une étreinte évadée, s’envole dans le temps, comme un désir abandonné. Elle fuit ce qui n’est plus.

L’amante encore fébrile, expire des regrets. Niché dans sa cambrure, l’homme, exsangue, glisse sur elle amèrement.

A la parcourir ainsi, il semble se brûler. C’est une sensation étrange, douce torture auto-infligée.

Il voudrait arrêter. Mais, elle est avec lui encore pour quelques heures, seulement !

Il avait des projets d’éternité avec elle, mais cette nuit, les minutes écroulées chuchotent l’évidence. Impertinente candeur de l’homme.

Alors que sous ses doigts crépitent des sueurs qui ne se disent pas, se mélangent des larmes qui n’ont plus aucun sens. Il lui tourne le dos.

La pointe du jour, comme une déchirure, vient blesser de ses lueurs leurs ultimes instants. Elle enfile ses talons, réajuste sa veste et disparait dans un souvenir. Immobile, il entend la porte se refermer et puis rien.

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