Pensées Syncopées

…« Eau de là, délite des lots de « la » dans le haut des lassitudes de l’au delà »…

Parfois, des phrases indicibles naissent, jamais ne progressent, et se perdent dans des nuages idéosphèriques où seules les plus bruyantes survivent…

… Des cris transportés dans les vents panurgiques caressant les oreilles des âmes trop attentives ou attentistes….

… Ces mêmes âmes qui courbent l’échine par trop d’aspiration, fatiguées d’être résignées, fatiguées d’espérer…

… Elles regardent le ciel dans un soupir de soumission, y voient leur rédemption, et lentement cheminent  dans un quotidien devenu trop long…

… Quotidien lyophilisé dansant sur ces airs de contrebasse. On sourit face au spleen, on sourit pour faire clean, on subit, ça nous mine.

…. « décideurs décidés évident des vies vendues aux avides vendeurs de vides, dandys et dorlottés »…

… Le prisme de ton coeur, fendu dans les trémolos d’un saxophone qui pleure l’étendu de toi, ton charisme et ta foi…

… Minutes improvisées qui sournoisement se glissent dans ce destin tout bleu, aux notes impalpables comme un nuage de fous…

… On se risque à l’entendre ce cri trompettisé, à trop tendre l’oreille vers ce rythme inventé, je me tue de toi, je me tue sur ta voix…

… Entêtantes voyelles violonisées, partitionnées obligées de se marier à ces consonnes arrogantes, on construit des vies dans des mots insoumis…

…Des mots qui implorent la vie, la simple, la rêvée, sans ratures et sans cris. Des rires pour seul bruit. Des phrases et la nuit…

Objets


Un foulard rouge à pois blanc supporte sa jolie tête malicieuse. Elle enfile sa veste noire et j’aperçois ses ongles vernis de rouge s’échapper par la manche. Encore un sourire et la voilà partie.

Je regarde la porte se refermer derrière elle. Sa silhouette fantomatique disparaissant dans l’opacité d’une réalité qui me saute à la tronche car, en fait, ça fait des mois qu’elle n’est plus là. Ça fait des mois que je la rêve, que je l’imagine déambuler dans mon appartement.
Je gratte ma barbe naissante, puis je me frotte les yeux… silencieux.

Je ne sais pas pourquoi. Un réflexe idiot sans doute. Le lecteur mp3 coincé au creux de ma paume, le pouce sur le curseur, les noms qui défilent, et choisir ce morceau là. Inconsciente, un peu. Sans savoir que ça ferait tout remonter, comme ça d’un seul coup. La rythmique entêtante, la voix un peu trop haut perchée, cette musique dont il ne savait rien, que j’avais choisi pour être la Bo de notre rencontre. Il me fallait du courage, et du lâcher prise: c’était le morceau parfait. Celui qui fait gonfler la poitrine, serrer le ventre et redresser le menton. La mélodie hachée qui se cale sur les battements du cœur, se substituant à sa pulsation, la normalisant. Tout se passera bien. Les trois minutes préludes les plus tendues et heureuses. Les trois minutes trop courtes d’être longues.

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La balafre (épisode2) – L’hôpital

L’écho des sirènes dans la nuit, le moteur rugissant, le fourgon brinquebalant…

On s’arrête.

Des voix didactiques se pressent autour de moi. Des néons blancs ponctuent les dalles du plafond qui défilent sous mon regard flottant. Inerte sur un brancard, paralysé par la peur, j’attends.

Des médecins penchés sur moi ôtent le bandage approximatif. Une fois le visage à l’air, un fin jet de sang coule en continu, je le vois dans le coin de mon œil.

– « L’artère temporale est sectionnée, vite, il faut arrêter l’hémorragie ! »

Pas le temps pour une anesthésie, le médecin me prévient que ça va faire « un peu mal ». Il m’explique qu’il doit suturer la veine avec une machine qui fait des arcs électriques, je ne comprends rien et de toute manière, je n’arrive plus à réagir.
Au premier essai, la douleur est intense, vive, profonde, mais la « soudure » ne prend pas. Quand je serre les dents, ça fait un afflux de sang trop important, je dois essayer de garder un visage impassible, inexpressif. Le deuxième coup, toujours pas, le troisième non plus. Des larmes troublent ma vue, je les sens couler sur mes tempes. J’ai mal !
La quatrième sera la bonne. A bout de force, je m’endors soudainement pendant qu’on recouvre à nouveau ma tête de bandages.

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