L’érosion des larmes

7h45, comme chaque matin, il traversait au pas de course le passage clouté qui l’amenait dans ce quotidien qu’il connaissait trop bien.

L’homme, svelte, d’une quarantaine d’années, le visage fermé comme à son habitude, arpentait les rues parisiennes, perdu dans ses pensées. Plus loin, à l’angle d’un boulevard, il croisait comme chaque matin, les deux agents de nettoyage occupés à passer le Karcher sur les trottoirs.

Les bouches fermées, leurs silhouettes disparaissant dans la bruine du jet à haute pression, ils semblaient se fondre dans leur engin sale et bruyant. Peut-être trop épuisés par les nombreux réveils crépusculaires, et par le froid tétanisant, ils ne l’avaient pas vu arriver.

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