L’obèse

Oui elle était grosse.

Ce n’était pas quelque chose de facile à supporter. Ses chevilles la faisaient souffrir, l’été était un véritable calvaire, marcher longtemps… un gros effort.

Se cacher, disparaître, n’être qu’au service de ses trois enfants et d’un mari qui ne la regardait plus depuis longtemps. Pour elle, ce n’était pas un sacrifice, plutôt un devoir, un échappatoire. Puisque le monde n’acceptait pas les gens comme elle, elle serai seulement elle pour son petit monde. 120 kilos de cœur, de tendresse, d’âme, de larmes souvent.

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L’évasion

Parfois quand les journées sont dures, quand le sourire ne vient pas. Quand je me sens loin du monde, quand je me sens loin des gens. Mon esprit m’abandonne et part à la recherche de cet autre moi.Il frôle les nuages en traçant des sillons dans leur tranquillité cotonneuse. Il s’évade, observe de loin cette vie diffuse qui est la mienne. Elle est floue, cramée comme des images trop saturées.
Il s’envole au delà des tours de béton, au dessus de ces cicatrices de goudron. Aussi haut qu’il le peut jusqu’à ce que le sol ressemble à une grand mosaïque.

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Free party

Notre voiture progresse lentement dans un chemin chaotique, les formes opaques des montagnes dessinent des masses sombres et inquiétantes, spectateurs maudits de notre déraison.

La seule lumière présente est celle du plafonnier, orange et diffuse, qui souffre silencieusement. De temps en temps, on s’arrête, on coupe le moteur, et on tente d’entendre l’écho des basses dans la nuit qui nous guiderait sur le chemin de ce qu’on appelle d’ores et déjà « rave ».

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l’aigreur en héritage

Assis à la terrasse d’un café, il contemplait une foule d’ombres pressées dans le calque d’une pluie battante. Un halo blanchâtre accompagnait les voitures sous les rebonds de gouttes sévères. Il trouvait l’instant parfait. « La vie finalement, c’est assez simple !, se disait-il, C’est là, maintenant, dans ces minutes bousculées, dans ce quotidien soudainement agité ».

Il se mit à penser à son père. Il pensait à lui, parce que c’était le genre d’homme à ne pas voir la beauté de ces instants. Un homme aux idées simples, à la vie longiligne, caressé par le duveteux confort de la monotonie.

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Tirer un trait

C’est con et pathétique d’être toujours amoureux de l’impossible.

C’est quoi le but ? Se mettre dans un état constant de dévalorisation de soi ?

Peut-être est-ce juste le destin qui joue avec mes nerfs, facétieux et pervers, me mettant face à des âmes et des femmes qui arrivent à conjuguer tous mes désirs par leur seule existence, et me plongeant dans un marasme de sentiments mielleux, gluants, libidineux.

Je deviens malléable, argileux. Jusqu’à m’ennuyer de moi-même.

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